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9 ventôse An IV. Ce soir-là, Napoléon Bonaparte épousa Joséphine de Beauharnais. Mais la future mariée dût vraiment s’armer de patience pour pouvoir convoler. La cérémonie civile était prévue à l’hôtel Mondragon, siège de la deuxième municipalité de Paris. Joséphine s’y rendit vers 20 h. Trois de leurs témoins étaient déjà là. «L’officier d’état-civil, Leclercq, fabriquant de papier peint de son état, était prêt à recueillir le consentement des époux. Mais impossible de commencer bien sûr sans le marié. Il se fit attendre. La pendule du salon égrenait les quarts d’heure, les demi-heures puis les heures. L’attente était interminable», rapporte Pierre Branda dans son livre «Joséphine. Le paradoxe du cygne», paru aux éditions Perrin en 2016. Au point que ledit Leclercq, gagné par le sommeil, alla se reposer dans ses appartements, tandis que le commissaire du directoire Collin-Lacombe prenait sa place.

Ce n’est que deux heures plus tard, à 22 heures, que des bruits de bottes annoncèrent l’arrivée de Bonaparte, accompagné de son aide de camp. Lequel, bien que trop jeune, lui servit de témoin. Les futurs époux n’étaient pas à une irrégularité près, alors qu’ils avaient déjà menti sur leur âge -elle se rajeunissant, lui se vieillissant- et que l’adresse donnée par Napoléon était fausse. Mais l’essentiel était de conclure le plus rapidement possible, comme le souligne Pierre Branda, ajoutant: «En entrant dans la pièce, Bonaparte se serait d’ailleurs exclamé: "Mariez-nous vite!"» Collin-Lacombe, qui n’était pourtant pas habilité pour officier, s’exécuta, déclamant l’acte de mariage «à la va-vite», souligne l’historien. Joséphine et Napoléon se dirent «oui», avant d’apposer, ainsi que leurs témoins, leurs signatures sur cet acte que le lendemain, une fois réveillé, Leclercq officialisa en le paraphant.

Aucun dîner de mariage ne suivit. Juste une nuit de noces qui est restée dans l’Histoire pour avoir été plutôt rocambolesque. On raconte en effet que le chien de Joséphine, un carlin nommé Fortuné, n’appréciant guère de voir ce nouveau venu dans le lit de sa maîtresse, l’aurait fait savoir à sa manière. En mordant Bonaparte au mollet.

Joséphine de Beauharnais

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